^

Entraide Scolaire Amicale en 3 présidentes – Claudette Sirodot 2009 – 2015

Claudette Sirodot

L’Entraide Scolaire Amicale fête cette année ses 50 ans d’existence ! Un demi-siècle d’existence que nous avons souhaité célébrer en vous racontant l’histoire de l’association à travers trois interviews. Découvrez celle de Claudette Sirodot, présidente de l’association de 2009 à 2015.

 

E.S.A : Lorsque vous devenez présidente l’E.S.A, l’association a déjà 40 ans. Quelle est la situation à ce moment-là ?

Claudette Sirodot : A l’époque, l’E.S.A accompagnait environ 2 000 enfants et comptait un peu moins de 2 000 bénévoles. Mes prédécesseurs avaient beaucoup œuvré pour faire croître la notoriété de l’E.S.A et structurer l’association, en particulier Charles Bachofen qui a impulsé des projets importants : l’élaboration d’une charte en 2005, la mise à disposition d’outils pour les bénévoles, notamment le développement de l’offre de formation, et la refonte du site Internet en 2007. Je connaissais bien l’association puisque j’étais co-responsable d’antenne, correspondante départementale de Paris et membre du conseil d’administration.

E.S.A : Quelles actions avez-vous menées lors de votre arrivée à la présidence de l’E.S.A ?

Claudette Sirodot : L’objectif était de poursuivre le travail initié auparavant pour faire de l’E.S.A une association pérenne et reconnue. Il fallait consolider la structure en introduisant des éléments stables, optimiser sa gestion en utilisant davantage les moyens informatiques et développer son action auprès des enfants. Ainsi, l’E.S.A a rompu avec un fonctionnement assuré uniquement par des bénévoles en embauchant une secrétaire administrative en 2010 et une chef de projet en 2012, elle s’est également dotée de locaux.
L’accueil de volontaires civiques à partir de 2010 a apporté la jeunesse et l’enthousiasme nécessaires pour développer les actions d’ouverture culturelle auprès des enfants. Les projets se sont succédé :

  • élaboration du premier plan stratégique,
  • développement d’un Extranet pour améliorer la gestion de l’activité, refonte du site Internet, …
  • sans oublier les opérations ESArtistes qui ont permis aux enfants de réaliser des dessins (Ton bénévole et toi), des photos (Ce que j’aime dans mon quartier) qui ont donné lieu à des communiqués de presse et des expositions !

Beaucoup de temps a été consacré pour rechercher des financements et des bénévoles accompagnants ou des responsables. Ce fut l’occasion de belles rencontres et de belles opportunités, telles que le développement du
mécénat de compétences, qui, pour certains, perdurent encore aujourd’hui.
L’E.S.A a été reconnue d’Utilité Publique obtenue en 2012, a obtenu le Label IDEAS en 2014 pour sa bonne gestion et l’agrément Education Nationale obtenu en 2015.
Tout cela a été possible grâce à la motivation et l’engagement de tous, bénévoles et salariés avec le souci, présent hier comme aujourd’hui, d’aider plus et mieux les enfants.

E.S.A : Aujourd’hui, vous êtes toujours active au sein de l’E.S.A, que faites-vous ?

Claudette Sirodot : Je suis responsable de l’antenne du 12ème. L’E.S.A est une association dans laquelle je crois profondément qui a connu un beau développement, est reconnue et dont l’action est essentielle aujourd’hui.

E.S.A : Justement, que lui souhaitez-vous pour ses 50 ans ?

Claudette Sirodot : Je lui souhaite de perdurer encore longtemps car il y a malheureusement encore beaucoup de travail à mener en faveur de l’égalité des chances. Je lui souhaite d’être reconnue, de disposer les moyens nécessaires à son fonctionnement et qu’elle attire toujours plus de bénévoles et de responsables d’antenne car ce sont eux qui font la force de l’E.S.A.


Entraide Scolaire Amicale en 3 présidentes – Françoise Paul-Dauphin 1969 – 1979

L’Entraide Scolaire Amicale fête cette année ses 50 ans d’existence ! Un demi-siècle d’existence que nous avons souhaité célébrer en vous racontant l’histoire de l’association à travers trois interviews. Découvrez celle de Françoise Paul-Dauphin, la fondatrice. 

 

 

 

Entraide Scolaire Amicale : Comment l’idée de l’Entraide Scolaire Amicale vous est-elle venue ? 

Françoise Paul-Dauphin : L’Entraide Scolaire Amicale est née au lendemain des mouvements étudiants de 68-69. Nous vivions dans le quartier de l’université où cohabitaient à la fois des familles étrangères dans lesquelles certains enfants entraient en 6ème, classe importante, et des jeunes universitaires. Moi-même mère de quatre enfants, j’ai pu constater combien il était difficile pour ces collégiens d’avoir des parents qui ne pouvaient pas les aider faute des connaissances nécessaires ou des moyens financiers. Alors, j’ai eu l’idée de l’Entraide Scolaire Amicale. Fin juin 69, 150 circulaires ont été envoyées à des étudiants et terminales pour leur proposer d’accompagner scolairement ces enfants. Nous avons reçu 50 retours positifs alors que nous n’avions que 10 familles disponibles, nous n’avions pas prévu un tel engouement ! Avec l’aide d’une amie, nous avons trouvé 40 familles de plus. L’E.S.A était née ! 

E.S.A : L’association accompagne aujourd’hui plus de 4 000 enfants, comment a-t-elle grandi ? 

Françoise Paul-Dauphin : Je me dis souvent que je suis la souris qui a accouché d’un éléphant ! L’Entraide Scolaire Amicale s’est majoritairement construite grâce au réseau d’où son nom “Amicale”. Les parents d’élèves ont fondé des antennes dans d’autres arrondissements parisiens dès les années 70 ce qui a participé à faire croître l’association. Il a fallu la structurer et que chaque quartier puis ville ait un ou des responsables d’antenne pour leur permettre d’adapter l’aide apportée par l’E.S.A tout en gardant l’esprit de service et d’amitié. Ce sont eux les rouages les plus importants de l’Entraide Scolaire Amicale. Les médias enfin ont contribué au développement des antennes en région en valorisant les actions de l’E.S.A.  

E.S.A : Pourquoi ce nom : Entraide Scolaire Amicale ?   

Françoise Paul-Dauphin : La notion d’”Entraide” est importante pour l’E.S.A, car je reste convaincue que les bénévoles reçoivent autant qu’ils donnent. C’est même, à mon sens, la philosophie maîtresse de l’association. “Scolaire” car il s’agit bien d’accompagner la scolarité des enfants, même si l’action de l’E.S.A ne se limite pas à donner des cours de soutien. A l’époque, nous étions la seule association à proposer ce type d’action en France et ce pendant 10 ans. Enfin “Amicale” car c’est la clef du fonctionnement de l’E.S.A. C’est notamment pour cela que les rendez-vous ont lieu au domicile de l’enfant, cela permet de créer une proximité à la fois avec les élèves, mais aussi avec leur famille. 

E.S.A : L’Entraide Scolaire Amicale fête ses 50 ans, que lui souhaitez-vous ? 

Françoise Paul-Dauphin : Je voudrais tout d’abord saluer l’engagement des responsables d’antenne qui font un travail formidable tant auprès des familles que des bénévoles. Je souhaite à l’E.S.A de conserver cet esprit d’amitié qui l’anime et qui fait je pense, la clef de son succès.

“Quand on donne du bonheur, on reçoit de la joie.” 

 


Théo “Je savais que les élèves de 3ème pouvaient avoir des difficultés à trouver un stage”

Crédits : D.R

Bénévole au sein de l’E.S.A depuis 2014, Théo a accueilli Omar pour son stage de 3ème au sein de son entreprise de consulting. Un geste fort qui va dans le sens des actions menées par l’E.S.A en faveur de l’orientation des jeunes, surtout lorsque l’on sait que certains élèves ont des difficultés à trouver un lieu où réaliser leur stage faute d’idées ou de contacts. Retour sur cette belle aventure.

 

E.S.A : Comment avez-vous rencontré Omar ?

Théo : Je suis bénévole dans l’antenne du 12ème arrondissement de Paris auquel Omar est rattaché. C’est ainsi que nous nous sommes rencontrés, pendant la réunion d’orientation des élèves de 3ème de l’antenne.

E.S.A : Comment l’idée de lui faire faire un stage dans votre entreprise est-elle venue ?

Théo : Au sein de mon entreprise (Driver Trett), nous avons accueilli l’an dernier pour la première fois une stagiaire de 3ème. Le retour d’expérience a été très positif à la fois pour cette stagiaire et pour notre équipe. Par ailleurs, au sein de notre équipe il y a une forte sensibilité aux questions sociales et de solidarité. Enfin, je savais via mes échanges lors des réunions d’antenne de l’E.S.A que les jeunes de 3ème suivis par les bénévoles pouvaient avoir des difficultés à trouver un stage. C’est de là que m’est venue l’idée de proposer à mon entreprise d’accueillir un stagiaire suivi par l’E.S.A. L’équipe a accepté l’idée, Michèle et Claudette, responsables de l’antenne E.S.A du 12ème, m’ont convié à la réunion d’orientation et les choses se sont mises en place.

E.S.A : Quel retour pouvez-vous faire sur le stage ?

Théo : Cette expérience a été intéressante à titre personnel même si cela demande d’y consacrer du temps et de l’énergie, surtout en amont. En effet, le monde de l’entreprise et des cabinets de consultants peuvent être difficile à appréhender pour un jeune de 14-15 ans. En même temps, le regard ingénu d’Omar sur certains sujets a été très rafraîchissant : certains thèmes abordés en réunion d’équipe par exemple étaient complètement abstraits pour lui et nous renvoyaient à notre côté très « grandes personnes ».

Mes collègues ont, de mon point de vue, joué le jeu et ont été disponibles pour échanger avec Omar et lui présenter notre activité. C’était une des clés du stage parce que je n’aurais pas pu le superviser pendant 100 % du temps. Nous pensons en tout cas renouveler l’expérience l’an prochain.

Petit bémol : j’ai compris en échangeant avec lui qu’il s’agissait pour Omar d’un stage « par défaut ». J’espère en tout cas qu’il aura découvert des choses et qu’il aura pris du plaisir à rencontrer de nouvelles personnes pendant cette semaine.

 

Si vous souhaitez accueillir des jeunes de l’E.S.A en stage dans votre entreprise, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’antenne la plus proche.


Témoignage de Pierre “Ce type de bénévolat permet de sortir un peu de ce cocon”

Qu’est ce qui t’a poussé à devenir bénévole pour l’association Entraide Scolaire Amicale ?
Ma première raison est un désir de se rendre utile vis-à-vis de la société. Mon métier ne m’apporte pas assez sur le plan humain et j’ai voulu remédier à ça par cet engagement. Avant d’intégrer l’E.S.A, j’avais déjà été bénévole dans une association de soutien scolaire à proximité de mon ancien logement. L’expérience m’avait plu et j’ai décidé de reprendre cette activité après mon déménagement sur Avignon. Ce temps donné, au départ de manière complètement désintéressée, est finalement très enrichissant. Mon métier m’enfermait avec des gens qui ont le même parcours scolaire, les mêmes centres d’intérêt… Ce type de bénévolat permet de sortir un peu de ce cocon et d’évoluer à côté de personnes qu’on n’aurait pas forcément rencontrées dans notre vie de tous les jours.


Comment se passe le soutien  avec Salim ? 
Très bien. Salim est sérieux et à l’écoute. Il a déjà fait beaucoup de progrès dans les matières vues ensemble. L’E.S.A offre la possibilité de donner les cours chez l’élève en présence des parents, ce qui permet d’avoir un bon suivi de leur part.

Quels sont les points forts et les difficultés rencontrés lors de ton soutien?
Pour les points forts, j’ai un profil plutôt scientifique donc les révisions des matières comme les maths ou la physique-chimie sont plus simples à faire que pour le français ou l’histoire-géo où j’ai plus de lacunes.
 
Qu’est ce que tu donnerais comme conseil à un ou une bénévole qui débute ?
Je ne pense pas qu’il y ait de conseil général à donner, toutes les familles et élèves sont différents. Alors peut-être mon seul conseil serait de s’adapter continuellement à la personne qu’on veut aider.  

Partenariat HEC Alumni – E.S.A, un binôme qui fonctionne !

HEC Alumni et l’E.S.A, c’est une histoire qui dure ! Depuis plusieurs années, d’anciens élèves d’HEC accompagnent bénévolement des enfants de l’E.S.A, un partenariat gagnant-gagnant comme le montrent les témoignages ci-dessous. 
 

Témoignage de Capucine, bénévole à Paris :

 

Capucine, bénévole à l'E.S.A  (c)DR
Capucine, bénévole à l’E.S.A et ancienne d’HEC
(c)DR

“Comment accrocher l’attention d’une ado de 13 ans tout en essayant d’éveiller son intérêt pour ses cours de mathématiques ?
Il m’arrive de me sentir désemparée voire assez découragée, des émotions qu’elle-même a sans doute déjà connues devant un cours d’histoire pour elle complètement abstrait ou un exercice de mathématiques a priori hors de portée. Mais si je suis là c’est aussi pour voir son visage s’illuminer lorsqu’elle comprend une notion qui lui échappait, et plus généralement pour lui donner envie de développer en elle les ressources pour devenir autonome. J’ai également eu la joie de l’accompagner avec sa maman pour récupérer son bulletin de notes à l’école et d’apprendre par ses professeurs que ses résultats et surtout son désir d’apprendre étaient en progression, ou encore le plaisir d’entendre ses parents me parler de sa motivation grandissante en allant à l’école chaque matin.
Ce que j’apprécie beaucoup dans le cadre offert par l’E.S.A, c’est la grande liberté que permet l’association dans l’approche choisie et dans le contenu de chaque séance, qui dans mon cas est toujours différent. Cette liberté permet de s’adapter au mieux aux besoins de l’enfant accompagné, à ses envies mais aussi à celles du bénévole, et ainsi en faire pour l’enfant un plaisir et une source de motivation plutôt qu’une corvée ou l’occasion de faire faire ses devoirs par quelqu’un d’autre.
Pour autant, on n’est pas laissé à soi-même si l’on est en demande de conseils ou d’idées : j’ai ainsi eu la chance d’avoir accès librement à des formations passionnantes, notamment sur la gestion du stress dans le processus d’apprentissage.
La plus belle récompense aura été d’entendre Zaïnabe et sa petite sœur rire aux éclats et les sentir émues devant la pièce de théâtre que j’avais souhaité leur faire découvrir.”

 

Témoignage d’Octave, bénévole à Paris

“Je suis engagé avec l’E.S.A depuis près d’un an après une campagne lancée avec HEC Alumni. Cela faisait longtemps que je cherchais une forme de volontariat et pour moi le soutien scolaire semblait la forme la plus évidente d’avoir un impact utile. Cette année, j’accompagne Youma qui est en première STMG. On a beaucoup travaillé les maths et la Gestion et elle a obtenu les félicitations ! Maintenant que l’année scolaire se termine, nous embrayons sur un tout autre sujet : l’orientation post-bac »

 

Témoignage Patrick, responsable d’antenne Paris 8e

Patrick, bénévole à l'E.S.A et ancien d'HEC  (c) D.R
Patrick, bénévole à l’E.S.A et ancien d’HEC
(c) D.R

«  Sollicité par HEC Alumni, j’ai rejoint l’E.S.A comme coresponsable d’antenne. Il s’agit d’aider les enfants de familles défavorisées en difficulté scolaire à se remettre à niveau. Considérant que cette cause est l’une des plus cruciales pour l’avenir de la jeunesse de notre pays, j’ai adhéré sans hésiter à l’E.S.A. 
En tant que responsable d’antenne, je sélectionne les enfants qui seront aidés et recrute les bénévoles qui les accompagnent. »

Témoignage de Laurence, bénévole Levallois-Clichy et responsable du mécénat

 

Laurence, bénévole à l'E.S.A et ancienne d'HEC (c) D.R
Laurence, bénévole à l’E.S.A et ancienne d’HEC
(c) D.R

« A la recherche d’un engagement bénévole dans le domaine de l’éducation, j’ai rejoint l’E.S.A et j’accompagne un enfant qui, en CE1, était en rupture totale avec le système scolaire. Aujourd’hui en CM1, grâce à nos séances hebdomadaires, il a découvert le plaisir d’apprendre et surtout de réussir. Se sentir aussi utile est vraiment gratifiant ! En parallèle, en tant que responsable Mécénat de l’association, je développe les financements pour que nous puissions apporter un accompagnement de qualité aux 4 100 enfants que nous aidons. Il est important pour moi de donner à ces enfants et à ces jeunes la chance de réussir à laquelle ils ont droit ! »