Trois expositions pour stimuler l’observation et la réflexion des jeunes

L’histoire de l’immigration, les arts forains mis en scène par Jean-Paul Favand, les photos de Bamako en 1950 de Malick Sidibé : à travers les expositions et musées choisis par les antennes de l’Entraide Scolaire Amicale, ce sont toujours des expériences de vie et des témoignages enrichissants pour les jeunes qui permettent de stimuler leur curiosité et de favoriser leur questionnement.

Sensibiliser les enfants à l’histoire de l’immigration en France – Antenne de Paris 18e

Au Musée de l’histoire de l’immigration, derrière les évènements, les chiffres, les photos, ce sont des êtres humains qui ont souffert et espéré.
Quinze enfants en classe de primaire du 18e arrondissement de Paris ont d’abord découvert le lieu au Palais de la Porte Dorée, et son origine. La guide du musée les a fait réfléchir sur le sens du mot « immigration », sur les raisons qui poussent à quitter son pays.
L’exposition Repères retrace deux siècles d’histoire de l’immigration. Le parti pris adopté est celui d’un parcours thématique prenant en compte la chronologie historique. En effet, au-delà de toutes les différences, ceux qui se sont installés en France depuis le XIXe siècle ont traversé les mêmes épreuves, ont vécu les mêmes expériences décisives, ont formé les mêmes espoirs.

Tracer son chemin avec « ma carte de poche »

Après la visite de l’exposition temporaire Frontières, au cours de laquelle sont expliquées la notion de frontières, la nécessité pour certaines personnes de les traverser et pour d’autres, de les renforcer, les enfants ont créé une carte d’orientation sur laquelle ils ont placé des territoires possibles, des chemins plausibles et des obstacles à rencontrer.

À l’aide de pochoirs, de crayons et de pinceaux, les enfants traversent des montagnes, des forêts, des vents et des mers jusqu’au but souhaité. Ils se glissent ainsi dans la carte et vivent l’expérience d’un ‘traverseur’.
Ils ont pu imaginer un parcours de migrants et le reconstituer en coloriant les paysages, en collant arbres et images choisis pour symboliser les raisons du départ et le but du voyage. Certains ont d’ailleurs eu le temps d’écrire quelques phrases pour raconter ce parcours imaginé.

Chacun est rentré avec sa carte en poche, bien pliée.

En savoir plus : le site du musée

 

Le Musée des Arts Forains, lieu insolite à Paris – Antennes La Queue en Brie et Nogent le Perreux

39 enfants des antennes de l’Entraide Scolaire Amicale de la Queue en Brie et de Nogent le Perreux y ont découvert une collection unique d’objets du spectacle datant du 18ème au 20ème siècle.

 

« Tout est conçu pour donner l’impression de pénétrer dans un autre monde : dès l’entrée l’atmosphère créée par les décors végétaux, les gargouilles, les statues illustrent déjà un monde fantastique».

 

Une escapade hors du temps autour des thèmes du carnaval, des jardins extraordinaires et de la fête foraine de la Belle Époque.
La fête foraine du XIXème siècle est un fait social, un média aussi important qu’ont pu l’être les cathédrales dans les siècles passés et la télévision aujourd’hui. On retrouvait sur les champs de foire : théâtre, music-hall, bonimenteurs, sport-spectacle, illusions, acrobates, marionnettes…

Les arts forains un art décoratif à part entière

Souvent dénigrés au statut d’art populaire, les Arts Forains sont aujourd’hui reconnus comme un Art Décoratif à part entière grâce à la qualité et à la diversité du travail. Les artisans du passé seraient considérés de nos jours comme de véritables artistes. Des maîtres dirigeaient leurs élèves dans des ateliers, des catalogues étaient réalisés et des expositions organisées.

 

« Des salles immenses, des couleurs d’une fraîcheur inouïe, de la musique, des mécanismes datant pour certains de deux siècles : enfants et adultes sont éblouis».

 

 

La démarche artistique de J.P Favand

Jean Paul Favand, le maître de cérémonie, montreur de curiosités, marieur d’objets, maître de manège, est un autodidacte qui a créé la plupart de ses métiers. Sa démarche artistique pour les objets de curiosités le conduit à rencontrer de nombreux artistes tels que les surréalistes comme Dali, à qui il a fourni des pièces pour son musée de Figueras. Il devient entre autres, proche de Doisneau ou encore de César.

Tous les enfants étaient ravis et les grands ont retrouvé le temps de la visite leur âme d’enfant sans difficulté.

 

En savoir plus sur : le site du musée

 

 

 

Exposition Photos de Malick SIDIBE, l’œil de Bamako – Antennes Aubervilliers et Paris 10e

Les enfants et les bénévoles de l’E.S.A ont pu s’immerger, grâce à Youssef le guide, dans le monde de Malick Sidibé en découvrant tout d’abord le Mali presque 2 fois plus grand que la France.

Témoin de la jeunesse à Bamako en 1950

Les années 1950 et l’Indépendance proche ont donné naissance à une nouvelle génération de photographes impliqués dans la vie culturelle et sociale. Cette nouvelle indépendance a baigné la jeunesse du pays dans un esprit de fête, que Malick Sidibé a pu capturer avec son inséparable appareil photo Rolleiflex.
En 1957, Malick Sidibé était le seul reporter à Bamako à couvrir tous les événements, festivités et soirées surprises.

 

Malick Sidibé est né dans une famille peule dans un petit village du Mali. Il a été remarqué pour son talent de dessinateur et a été admis à l’École des artisans soudanais à Bamako d’où il a obtenu son diplôme en 1955. Il a commencé la photographie en 1956. Deux ans plus tard, il a ouvert le «Studio Malick».

Il a acquis une reconnaissance internationale grâce à des dizaines d’expositions dans le monde entier. Il a également reçu de nombreux prix, parmi lesquels le Lion d’or de la 52e Biennale de Venise, il a été le premier artiste africain à recevoir un tel hommage.

 

Avant le mur de Facebook, il y avait « le mur de Malick »

Il développait les photos dans son atelier et les exposait à l’extérieur pour que les jeunes puissent retrouver leur souvenir. Les gens venaient se faire photographier avec les vêtements ou objets les représentant le mieux, ils apportaient même leurs motos.

Les enfants de l’E.S.A ont pu découvrir des objets du passés : disques vinyles, pantalons « pattes d’ef », appareils photos argentiques…
et mieux connaître la culture et les coutumes locales : Yokoro, équivalent de Halloween, où les garçons se déguisent en esprits et viennent « importuner » les foyers, tandis que les filles se déguisent en chasseur d’esprits, venant à leur rescousse.

 

À la fin de la visite, les enfants ont même pu se prêter au jeu, grâce la reproduction du studio de Malick.

Un grand merci à Samy de l’antenne de Saint-Denis qui a préparé cette sortie à la Fondation Cartier pour l’Art contemporain et à tous les bénévoles qui ont contribué.